FR EN NL

Caravanes et Grand Bazar

Le grand bazard

21ème journée de Dornius 496

Caravane Havre-Vif

Cette année encore nous rejoignons une halte de la caravane du Grand Bazar pour faire le plein de provisions et de matériel. Ce sera l’occasion de réunir quelques histoires sur l’année écoulée et de voir comment s’en sortent les nouveaux. Le Grand Bazar est l’une des seules caravanes à avoir obtenu les autorisations nécessaires pour tenir annuellement un rassemblement de cette ampleur. C’est le genre de rendez-vous à ne pas rater pour qui a besoin de faire commerce et rares sont les caravanes à pouvoir vivre en parfaite autarcie.

Nous sommes déjà installés depuis deux jours, mais le gros des caravanes commence seulement à arriver. Les responsables du Grand Bazar ont fort à faire pour installer tout le monde dans le calme. Il y a toujours l’un ou l’autre capitaine pour se plaindre de son emplacement, mais les gars du Grand Bazar ont l’habitude de gérer les récalcitrants. Les responsables de quartier s’assurent que les règles soient respectées et que chacun soit traité équitablement.

A peine arrivés, plusieurs responsables de caravane nous ont demandé si le bureau de l’Empire d’Or était déjà disponible. Nombre d’entre eux viennent principalement pour renouveler leur laissez-passer. Même si certains voient d’un mauvais œil ceux qui obtiennent leur laissez-passer par la voie officielle, aucune caravane ne peut voyager sans ces précieux sésames. Cela reste donc le moyen le plus sûr de s’en procurer un, même si les tâches à remplir peuvent peser lourd sur la conscience d’un homme.

Comme à l’accoutumée, un camp de réfugiés s’est rapidement monté en périphérie du Grand Bazar. Pour la plupart, de pauvres hères qui ont tout perdu suite à une attaque de brigands. Parfois c’est leur village qui a été rasé dans un accrochage entre rebelles et forces impériales, parfois c’est une épidémie qui a ravagé la région. Leur unique chance est de se faire accepter dans une caravane pendant le rassemblement pour ne pas finir seuls sur les routes. Aucun groupe de moins de vingt têtes ne survit bien longtemps aux dangers de l’errance.

Pas question cependant de dépasser les soixante individus ou c’est l’Empire d’Or qui se charge, tôt ou tard, de démanteler ce qu’ils appellent alors un “groupe armé”. Tout est une question de compromis et les caravanes doivent s’assurer de disposer de tous les bras et savoir-faire nécessaires sans se mettre hors la loi. Le Grand Bazar lui-même est un funambule qui, sans cesse, doit savoir d’un côté fermer les yeux et de l’autre montrer patte blanche lors de ces arrêts. Un débordement de trop et c’est toute la communauté qui risque de s’attirer les foudres des autorités en place.

Espérons que cette année encore ce fragile équilibre puisse se maintenir pour notre avenir à tous.