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Tanak est vieux, Tanak est ancien

Severus 435

Empire d'or

Tanak existe depuis aussi longtemps que le vivant s’en souvient, si bien que pour raconter son histoire il faudrait faire le récit de chaque civilisation et des races qui s’y sont succédées, prenant tour à tour le pouvoir l’une sur l’autre, certaines oubliées, certaines tenaces, certaines simplement mythologiques jusqu’à preuve du contraire.

Selon les légendes qu’on doit taire, à une époque si lointaine qu’on n’ose pas la dater, le sol du continent fut foulé par des dieux. Chaque dieu étant le corps, l’étendard, le fruit et à la fois le berceau de grandes forces reconnues par les mortels et les immortels: la justice, la chance, le travail, la sagesse, la guerre,... Chaque vertu et travers étaient fait divins via la présence de ces dieux. Mais même si ces grandes forces tissent encore aujourd’hui le tissu du monde, le dieux eux, ont quitté le continent depuis plus longtemps que les mémoires des anciens se souviennent, ne laissant derrière eux que la foi dans les âmes et les moyens pour les mortels de perpétuer les traditions qui maintenaient leur magie liée au monde qu’ils abandonnaient derrière eux.

Par l’étude, l’expérience, les catastrophe et les miracles, les peuples de Tanak ont appris à puiser et à manipuler l’énergie créatrice qu’on appelle magie. De sculpter et de tisser le monde ils auraient oublié les dieux s'ils n’avaient pas dépendu d’eux pour insuffler la magie sur Tanak. Chaque année, selon une méthode oubliée, ils ouvraient leur coeur aux dieux qui étaient partis et selon la perfection de leur méthode et leur unions lors de l'événement, les dieux leur concédaient à nouveau du pouvoir depuis leur monde, maintenant le cycle de vie.

Peut-être les peuples de ce temps-là ont-ils cru que cela durerait toujours. Mais avides et querelleurs, ils ont pris pour acquis cet état de fait et, la foi n’étant plus qu’une habitude pratique, s’inventant des dieux destinés à combler leurs besoins, ils ont dévoyé le divin, courant sans le savoir à leur perte.

Jusqu’à ce qu’un jour, là où le sable règne, dans l’Empire de ceux qui dorment sous les pyramides, apparaisse un Prophète.

Sa voix fut entendue et sa vision fit écho, transparente sur la condition du vivant, il donna à la vue de tous une nouvelle vérité: “la vie est une prison ou de faux dieux enferment les êtres désarmés”.

Au fil du temps, son influence et sa philosophie ont conquis l’Empire d’Or qui le reconnut alors comme son unique divinité. De par son pouvoir et sa présence il avait ravivé la flamme de vieilles blessures. Il redonna à l’Empire la force pour libérer enfin Tanak du joug des dieux obsolètes et de leur jeu cruel. Dans la non-mort, les villes et les contrées furent affranchies de leurs chaînes pour rejoindre la philosophie et l’armée du Prophète de Cristal. Pour l’Empire d’Or, la guerre contre les faux dieux était une étape nécessaire à la transcendance du vivant, à son changement d’état vers un être supérieur uni dans la non-mort. Remontant le continent à travers les arches magiques utilisées en d’autres temps uniquement par et pour les faux dieux, l’Empire venait libérer la fausse idole, la prétendue ville sainte d’Harapan, berceau de la décadence.

La détermination des légions de l’Empire d’Or mit à bas la cité et y interdit qu’on y reproduise un jour l’ode au faux dieux. Mais le continent restait farouche et aveugle encore à la lumière du Cristal et des décennies de guerre furent inévitables pour pacifier les terres. Petit à petit la lumière du prophète finit par gagner les chaumière les plus reculées…

Aujourd’hui l’Empire d’Or veille sur Tanak, de son oeil le prophète voit en chacun ce qu’il peut devenir, ce qu’il doit devenir. Pour grandir au delà des limites jadis imposées par des imposteurs, le Prophète doit être reconnu comme guide. Il existe encore, bien sur, des traditions anciennes et des régions reculées à la mémoire persistante, mais la mémoire ne fait pas gagner les guerres et ceux qui se souviennent du temps d’avant ne l’évoquent pas car aujourd’hui c’est l’âge des poussières et celui qui veut vivre doit le faire à l’ombre du cristal, sans quoi la mort l’y forcera.